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ACTUALITÉS
> Tuberculose, Oiseaux dans une légende, en Arctique
Tuberculose, le Canada prend des mesures.
L'époque n'est pas si lointaine où plus de 5000 malades inuit, sur une population de moins de 12 000, avaient été arrachés à leurs familles pour être traités dans des sanatoriums au sud du Canada. Ce qui a laissé en héritage une profonde méfiance envers le système de santé.
Mais, alors que la prévalence de la tuberculose avait baissé depuis des décennies, elle explose depuis la fin des années 1990.
Actuellement la tuberculose est aussi active au Nunavut qu'en Somalie !
Dans le sud du Canada la moyenne est de 0.6 cas pour 100 000 habitants et de 3 pour 100 000 pour les bébés.
Au Nunavut on arrive à un chiffre de 260 cas sur 100 000 pour les adultes et plus de 1 020 cas/ 100 000 pour les bébés.
Dans certains villages 10% de la population serait infectée de façon active ou latente...
Et ces chiffres sont probablement très sous évalués car le Nunavut ne fait le suivi que des cas actifs de maladie. Or de nombreuses personnes sont porteuses d'une infection sans symptômes et sont contagieuses.
Le gouvernement fédéral vient de débloquer une enveloppe de 27 millions de dollars afin d'éradiquer cette maladie. Mais d'après les médecins cela ne pourrait peut-être pas suffire....
Légendes inuit : L'alternance du jour et de la nuit.
Dans les temps anciens, il faisait toujours nuit, il faisait froid et le monde était dangereux.
Lorsque les inuit en avaient assez, ils sortaient et criaient "Aqsanniit, aqsanniit" et, comme leurs paroles étaient magiques, les aurores boréales arrivaient. Cette nuit continue était due au renard, qui disait "Taaq, taaq" (prononcez taark) ce qui signifie "obscurité, obscurité" dans la langue inuit.
Mais le corbeau en avait assez, car il se cognait tout le temps en volant dans le noir. Il rencontra donc le renard et lui dit : "cela suffit maintenant, qu'il fasse jour ! " et il cria "Qau, qau" (prononcez Rkrao, rkrao) soit "lumière, lumière ".
Le renard mécontent dit à nouveau"Taaq, Taaq" et la nuit revint...et ainsi de suite.
La dispute dura longtemps, perturbant tous les êtres vivants.
Alors le corbeau proposa un compromis : que la nuit et le jour alternent....

En mai, les oiseaux sont en Arctique
Peu d'oiseaux passent l'hiver en Arctique. Les autres, qui viennent y passer l'été, pondent, pour la plupart d'entre eux, début mai. Les œufs seront couvés quelques semaines puis les petits se développeront très vite pour quitter le nid.
Par exemple, les sternes arctiques : après 3 semaines de couvaison, les petits s'envoleront environ 3 semaines après l'éclosion... une précocité nécessaire pour être prêt avant les froids.
Pour les harfangs, le premier œuf arrive vers la mi-mai. Mais la croissance du poussin sera la plus rapide de tous les grands rapaces. Un jeune peut presque doubler de poids tous les jours : la moyenne est de 60 à 70% de poids en plus par jour.

Les inuit attendent avec impatience l'arrivée des oiseaux , c'est une nourriture très appréciée, en particulier les oies.
La chasse aux œufs commencera ensuite, mais en faisant bien attention à ne pas enlever tous les œufs du nid, afin que les populations d'oiseaux ne diminuent pas !
> Groenland, Jeux de l'Arctique
Les maisons colorées du Groenland
Soumis à un statut de type colonial jusqu'en 1953, où il fût assimilé au royaume du Danemark, le Groenland a obtenu son autonomie en 1979. Ce statut a évolué en 2009 donnant une "autonomie élargie" à ses 57 000 habitants dont plus de 80% sont inuit.
A partir des années 1720, l'arrivée de danois a été accompagnée par la construction de maisons en bois, qui étaient envoyées de Scandinavie.
Afin de pouvoir simplifier l'identification des bâtiments, ceux-ci étaient de couleurs différentes selon leur utilité.
Par exemple les bâtiments commerciaux étaient rouges, les services de soins médicaux jaunes, les usines de poissons bleues, le poste de police noir... De quoi se repérer en hiver quand tout est blanc !

Aujourd'hui ces codes de couleur n'ont plus d'importance et on retrouve des roses, aubergines ou turquoises, au bon vouloir des habitants.
Au Groenland, toutes les terres appartiennent au gouvernement. Celui-ci les attribue pour une durée déterminée pouvant aller jusqu'à 99 ans. Vous ne pouvez donc être que locataire.
En dehors des villes importantes, comme Nuuq (18 000 habitants), Sissimiut (environ 6 000), Ilulissat (un peu moins de 5000) et quelques autres, les maisons n'ont pas l'eau courante.... Il faut donc aller à la maison commune pour la douche ou la lessive. L'eau y est le plus souvent celle de la mer, désalinisée.
Il faut aussi remplir les bidons pour avoir de l'eau pour cuisiner. Mais le plus souvent, pour boire, les inuit utilisent de l'eau de fonte d'iceberg, qu'ils trouvent bien meilleure.
Il n'y a pas non plus de canalisation pour les toilettes. Un grand sac plastique fait office de réservoir. Fermé il est ensuite ramassé par un "collecteur" qui passe 2 à 3 fois par semaine. Et pas d'odeur car tout gèle instantanément, au moins 10 mois sur 12 !
L'été suivant le contenu des sacs sera brulé...
Les Jeux d'hiver de l'Arctique
Ils se sont tenus du 18 au 24 mars dans les Territoires du Nord Ouest où deux villages d'environ 3000 habitants ont accueilli environ 2000 athlètes et leurs accompagnateurs.
Un défi dans ces villages où il y a peu d'hébergements !
Venant du Canada, du Groenland, de l'Alaska mais aussi de la Russie et de Scandinavie, les athlètes ont participé à de nombreuses épreuves, ski de fond, biathlon, patinage, hockey sur glace, curling... mais aussi à de nombreux sports de salle comme le volley-ball, le badminton ou le basket-ball, la lutte...
Mais d'autres épreuves sont plus spéciales comme la conduite de chiens de traineau, ou les jeux traditionnels autochtones.
Parmi ceux-ci, le jeu de traction d'un bâton recouvert de graisse, le coup de pied en hauteur, la course sur la pointe des pieds et les poings, le "serpent de neige", qui consiste à faire glisser un bâton le plus loin possible sur de la neige damée, la lutte en étant relié par une corde autour de la tête ou "l'aéroplane", qui consiste à être déplacé en restant en croix horizontale...
> Films, Températures en Arctique, Deauville...
50 Films qui venaient du froid... à ne pas manquer !
De Nanook l'Esquimau de Robert Flaherty en 1922 à Inupiluk de Sébastien Betbeder de 2014, les films tournés près des pôles sont nombreux : documentaires, fictions, aventures, films d'animations... sans oublier l'émergence d'un cinéma autochtone, avec, par exemple, Atanarjuat premier film écrit et réalisé en inuktitut par Zakarias Kunuk en 2002 ou Inuk en colère de Alethea Arnaquq-Baril de 2016.
Dans le cadre d'un cycle sur le Cinéma Polaire, vous pourrez découvrir 50 films au Forum des Images à Paris du 1er au 22 mars 2018.

En partenariat avec la galerie, le Forum des Images vous invite à gagner des places pour "Les derniers rois de Thulé - partie1" le mercredi 7 mars à 19h30.
Cliquez sur le lien :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdqsAeHDolan9drygFayhM-V-IkSaUdFQ8aDeuG4vpuQtz2lg/viewform
Premier volet d'un documentaire en deux parties consacré au quotidien des inuit du village de Thulé dans le nord-ouest du Groenland, le film de Jean Malaurie sera suivi d'une rencontre avec Nicolas Dubreuil (explorateur) et Philippe Geslin (ethnologue).


Les températures en Arctique
En ce froid mois de févier à Paris, imaginez-vous que les températures au nord du Groenland ne sont pas très éloignées des nôtres ?
En effet les températures au pôle étaient, certains jours de février, de plus de 25° supérieures à la normale. Elles ont même été positives sur certaines zones !
Mais au contraire, des températures extrêmement froides ont été relevées dans le centre du Nunavut, où plusieurs villages ont du fermer les écoles, les services administratifs et interdire la circulation en raison du blizzard et du froid extrême. De nombreux records y ont été battus, certains datant de 1922, avec des moins 45° à moins 52° sous abri.
Par contre, la plus nordique communauté canadienne, Alert, proche du nord du Groenland, a elle aussi battu un record... mais de chaleur, puisqu'il n'y faisait que moins 10° !
Ces phénomènes sont dus à la désorganisation du Vortex polaire, un courant de vent froid qui tourne au dessus du pôle et qui actuellement se scinde en plusieurs parties. Ceci entraine des pics de réchauffement comme on en voit en ce moment sur la zone polaire.

Deauville : 31 mars au 2 avril 2018
La galerie sera ravie de vous accueillir au Centre International de Deauville (entre la plage et le Casino) durant le week-end de Pâques, dans le cadre d'un salon d'art contemporain.
Samedi 31 et dimanche 1er de 10h à 19h, lundi 2 de 10h à 17h.

Vous serez en Normandie ? Des invitations sont disponibles sur demande.
> Parka, Oiseaux en Arctique et légende, Expositions...
Parka et "amauti"...
Lorsque l'on se promène dans les villages arctiques, on profite d'un défilé de mode. En effet, chaque personne veut montrer sa parka, ou son amauti - la parka des femmes faite pour porter un enfant à l'intérieur !
Ces vêtements sont confectionnés sur place, décorés, uniques.
Traditionnellement, chaque groupe avait son propre design, reconnaissable, les peaux étant travaillées avec des ajouts, des bandes verticales ou horizontales, différentes formes du capuchon...
Ces différences ont perduré après la sédentarisation et, par exemple, à Coral Harbor les capuchons étaient pointus et il y avait une bande aux poignets et en bas du vêtement alors qu'à Igloolik il y avait deux bandes. Le vêtement en peau de caribou ou en coton pouvait aussi être rebrodé et décoré avec des perles, travail qui nécessitait des centaines d'heures.
Mais bien que ces traditions d'identification se perdent, les parkas sont toujours portées. Aujourd'hui on trouve aussi sur les vêtements l'influence du sud, comme parfois des motifs reprenant des codes d'équipes sportives.
Pour l'été, les tissus légers venus du sud sont utilisés, mais chaque couturière reste attentive à fabriquer un vêtement protecteur, chaud pour l'hiver. En cela la peau de phoque reste très employée car elle procure une excellente protection aux conditions arctiques. Des artistes couturières, comme Victoria Kakuktinniq, commencent à être très connues pour leurs magnifiques mais très chères créations, un amauti pouvant coûter plusieurs milliers de dollars...
Oiseaux en Arctique
Plus d'une centaine d'espèces d'oiseaux vivent une partie de l'année en Arctique mais seuls quelques uns restent durant l'hiver : chouette harfang, grand corbeau, lagopède, faucon gerfaut ou la très rare mouette ivoire...
Les inuit chassent toujours certains oiseaux pour les consommer, mais, dans des temps plus anciens, ils utilisaient aussi les peaux pour confectionner des contenants (voir panier d'Igah Hannu en peau de pattes d'oies) ou les plumes pour concevoir des vêtements chauds.
Symboliquement les oiseaux indiquent le retour de la lumière, de la chaleur, la fonte des neiges et l'arrivée du printemps.
Ils sont très représentés par les artistes aussi bien en sculpture que sur les estampes, une des plus célèbres étant la "Chouette enchantée" de Kenojuak Ashevak imprimée en 50 exemplaires en 1960 et dont la valeur est d'environ 40 000 €.
Les oiseaux sont aussi présents dans les mythes inuit et les pratiques chamaniques.
Par exemple la légende de "Lumaaq" (ou Lumaajuq) : un jeune garçon aveugle, maltraité par sa grand-mère, guérit lorsque des huards lui ordonnent de s'immerger complètement avant de lui lécher les yeux...

Conférences, expositions :
- Milieux polaires et biomimétisme : 2 et 3 février à la Cité des Sciences à Paris. Plus d'informations sur le site de l'association "Le monde de l'ours polaire"
- Vous passez dans le Jura ? Ne manquez pas de visiter l'Espace des Mondes Polaires à Prémanon, avec l'exposition temporaire Arctique, photographies de Vincent Munier.
- Autre exposition photographique à Migennes dans l'Yonne : Voyage en Arctique à la médiathèque Louis Aragon jusqu'en avril.
- Photos toujours : Alaska 1958 de Marc Riboud jusqu'au 11 mars au Kiosque Culturel à Vannes.
- Climat et vie quotidienne chez les Inuit jusqu'au 28 février, Espace Tourisme et Patrimoine, entrée libre, Le Luc en Provence, dans le Var .
> Nous vous souhaitons une excellente année 2018 !
Savez vous...
Que l'ours polaire n'est pas blanc !
En effet, l'ours a des poils transparents et creux qui reflètent la couleur environnante. Le poil fonctionne comme une fibre optique et amène la lumière jusqu'à sa peau noire.
Il possède aussi une sous-couche de poils très denses qui emprisonne de l'air et qui agirait comme un isolant.
Pour exemple, les ours polaires sont pratiquement invisibles aux rayons infrarouges, qui détectent la chaleur émise : il y a une cinquantaine d'années, en survolant la toundra, des chercheurs voulaient compter par infrarouge la population d'ours polaires, mais ils n'en avaient pas trouvés !
De nouvelles recherches montrent que les poils d'ours ont les mêmes émissions d'infrarouge que... la neige.
La peau de l'ours émet la chaleur sous forme de lumière infrarouge qui "rebondit" d'avant en arrière entre les poils. Les scientifiques concluent que c'est la dispersion de la lumière qui réchauffe l'ours. Plus il reflète la lumière, plus l'isolation est efficace...
Savez vous...
Qui a la fourrure la plus chaude en Arctique ?
Le phoque a environ 1 000 poils au centimètre carré (les humains ont entre 2 et 300 cheveux au cm2 ) et sa fourrure est donc prisée par les Inuit pour faire des vêtements, car elle est aussi imperméable. Pour mémoire, les phoques sont une des principales sources d'alimentation en Arctique et ils ne sont pas en danger.
Le caribou possède deux sortes de poils : des poils gros, raides, peu denses (60 par cm2), qui sont à l'extérieur et des poils laineux, fins qui possèdent des écailles retroussées leur permettant de s'accrocher entre eux et dont la densité est d'environ 2 000 poils par cm2. Les jeunes caribous en ont, quant à eux, environ 3 000 par cm2.
Les caribous ont une mue automnale durant laquelle la fourrure change afin que sa valeur isolante augmente.
Le poil de l'ours a une densité d'environ 5 000 poils par cm2. Les chasseurs Inuit faisaient et font encore, surtout au Groenland, des pantalons avec sa peau, ce qui les maintient au chaud lorsqu'ils sont à la chasse par des températures allant jusqu'à moins 40 ou moins 50°C.
Mais l'ours est nettement battu par l'otarie à fourrure (Callorhinus ursinus) que l'on trouve, entre autre, en Alaska et qui a environ 70 000 poils au centimètre carré.
L'otarie à fourrure a été presque décimée en Alaska entre 1800 et 1900, passant de plusieurs millions d'individus à environ 160 000 au début du XXème siècle. Heureusement, en 1911, un traité pour la préservation de cette espèce fût signé par les États-Unis, la Russie, la Grande Bretagne, le Japon et le Canada.
Pourtant, le grand vainqueur toutes catégories de la fourrure la plus dense est la loutre de mer qui arrive à 120 - 150 000 poils au cm2 !

En janvier, estampes et dessins !
A partir du 6 janvier, venez découvrir et profiter de remises exceptionnelles sur de nombreuses œuvres graphiques : estampes de Kenojuak Ashevak, Germaine Arnaktauyok, Andrew Karpik... et dessins originaux de Tim Pitsiulak (1967-2016) dont un "Swimming bear" vient d'être acheté par le musée AGO de Toronto à une galerie canadienne pour plus de 12.000 dollars...
Vous pouvez les voir dès à présent sur le site (prix avant remise) mais ils ne seront à la galerie qu'à partir du samedi 6.